La perte de cheveux temporaire, appelée « shock loss », est un phénomène que personne ne souhaite vivre après une greffe capillaire. On aimerait idéalement retrouver une chevelure dense immédiatement après l’intervention. Pourtant, la majorité des patients y sont confrontés, à des degrés divers.
Alors, qu’est-ce que le shock loss exactement ? Pourquoi les cheveux tombent-ils après une greffe ? Quand ce processus commence-t-il et quand s’arrête-t-il ? Dans cet article, nous examinerons ces questions en détail.
Qu’est-ce que le shock loss et quelles en sont les causes ?
Comme on le sait, dans la méthode FUE, les follicules pileux sont prélevés un par un dans la zone donneuse, puis implantés un à un dans la zone dégarnie. Chaque étape du prélèvement et de l’implantation constitue une intervention qui, bien que minime, représente un traumatisme pour le cheveu. Le follicule se retrouve alors séparé des vaisseaux capillaires qui assurent son irrigation habituelle.
Une fois extraits de leur milieu naturel, l’adaptation des greffons est perturbée ; ils subissent ce que l’on appelle classiquement un « choc ». La partie vitale du follicule pileux se situe dans son tiers inférieur. Percevant ce traumatisme, le follicule cherche à se protéger : alors que la racine vivante demeure sous le cuir chevelu, la partie supérieure se casse et tombe. En quelque sorte, les cheveux entrent en phase d’hibernation.
C’est ce phénomène que l’on nomme « shock loss » (chute post-greffe). Dans la littérature médicale, cette situation est appelée effluvium télogène. Ce type de chute est une réponse physique que le corps développe comme mécanisme de défense face au traumatisme subi.
Par ailleurs, chez les personnes souffrant déjà d’une perte de cheveux habituelle, les cheveux fins et affaiblis par la génétique — qui arrivent de toute façon en fin de cycle — peuvent également tomber durant l’intervention.
La chute de cheveux après une greffe peut se manifester de deux manières. Il s’agit de :
- Chute de cheveux dans la zone donneuse
- Perte de cheveux dans la zone receveuse
Chute de cheveux au niveau de la zone donneuse
En principe, la chute de cheveux dans la zone donneuse est une situation qui ne devrait pas se produire. Si un nombre excessif de follicules pileux est prélevé, notamment au-dessus des oreilles, une chute peut également survenir sur les follicules restants. Un prélèvement trop intensif peut entraîner des séquelles esthétiques permanentes, ce que nous appelons une perte définitive. De plus, l’utilisation de punches à large diamètre peut également provoquer ce phénomène. Cette condition est connue sous le nom de « choc capillaire » (ou shock loss). Ce type de complication s’observe généralement avec la méthode FUE, alors qu’il est quasi inexistant avec la méthode FUT.
L’image ci-dessous illustre une perte de cheveux permanente consécutive à un prélèvement de greffons effectué de manière inappropriée dans la zone donneuse. Malheureusement, il n’y aura plus de repousse capillaire dans la zone donneuse de ce patient.

La chute de cheveux dans la zone receveuse
Le phénomène de « shock loss » (perte de cheveux réactionnelle) qui survient dans la zone de greffe peut affecter aussi bien les greffons implantés que les cheveux d’origine du patient, notamment dans le cas d’une procédure de densification. Ce processus s’accompagne également de la chute des cheveux miniaturisés. C’est d’ailleurs le sujet principal de notre article.
Quand commence la phase de « Shock Loss » ? Et quand se termine-t-elle ?
Généralement, les croûtes tombent complètement vers le 10ème jour suivant la greffe de cheveux. Cette période post-croûtage est souvent celle où les patients sont les plus satisfaits de leur apparence, espérant que ce résultat soit définitif. Cependant, cette phase de bonheur est de courte durée.
Les cheveux commencent à tomber entre le 15ème et le 20ème jour, et cette chute s’intensifie entre le 25ème et le 30ème jour. C’est à ce moment précis que les patients entrent dans la phase d’inquiétude et se demandent combien de temps ce phénomène va durer. Il faut savoir que le « shock loss » après une greffe de cheveux peut s’étendre sur une période d’environ deux mois.
Par ailleurs, le rythme et l’intensité de la chute varient d’un individu à l’autre. Si certaines personnes traversent cette étape avec une perte minime, d’autres peuvent perdre la quasi-totalité des cheveux implantés. Cette période est souvent la plus difficile moralement pour les patients.
Vous pouvez consulter ci-dessous les images comparatives avant la greffe et 3 mois après, illustrant l’évolution suite au shock loss.

Quand les cheveux repoussent-ils après la phase de « shock loss » ?
En règle générale, le processus de perte post-opératoire (communément appelé shock loss) se termine environ deux mois après une greffe capillaire. Durant cette période, l’aspect esthétique n’est pas optimal, ce que l’on appelle souvent la phase du « vilain petit canard ».
Il est toutefois possible que cette étape soit quasi invisible chez certains patients. Les cheveux qui sont tombés commenceront à repousser entre le 3ème et le 4ème mois. Au tout début, ces nouveaux cheveux sont très fins et ressemblent à du duvet de bébé.
Pour en savoir plus sur les étapes de la repousse, nous vous invitons à consulter notre article intitulé : « Le processus après une greffe de cheveux ».

7 Facteurs Influençant le « Shock Loss »
Aucun patient ayant subi une greffe de cheveux ne souhaite voir ses nouveaux cheveux tomber brusquement après l’intervention. L’objectif est toujours de traverser cette étape avec une perte minimale. Bien que certains facteurs puissent accentuer ou réduire ce phénomène de « shock loss », il est important de noter qu’ils ne sont pas encore prouvés scientifiquement. Ils ont toutefois été identifiés grâce aux données statistiques recueillies lors des nombreuses interventions réalisées jusqu’à présent.
- L’Âge : Le taux de perte de cheveux post-opératoire (shock loss) est plus élevé lors d’interventions réalisées à un âge très précoce. À un âge plus avancé, la pression androgénique diminue, ce qui réduit le risque de chute. Pour les patients jeunes, le traitement médicamenteux doit être la priorité absolue avant d’envisager une greffe.
- Densité excessive de l’implantation : Une implantation trop serrée, au-delà du nécessaire, provoque un traumatisme accru des vaisseaux sanguins. La vascularisation des follicules pileux étant réduite, le taux de chute augmente considérablement lors de greffes à densité excessive.
- Angles parallèles aux cheveux existants : Ce point est crucial, particulièrement lors d’une procédure de densification sur une zone clairsemée. Les incisions doivent être pratiquées parallèlement à l’orientation des cheveux d’origine. Dans le cas contraire, les follicules existants risquent d’être endommagés, ce qui accentue la perte de cheveux.
- Diamètre des canaux : L’utilisation de lames ou d’aiguilles trop larges entraîne systématiquement un traumatisme plus important. Plus les vaisseaux nourrissant le cheveu subissent de dommages, plus le risque de chute post-opératoire s’intensifie.
- Quantité d’adrénaline utilisée : L’adrénaline est couramment utilisée pour limiter les saignements lors de la création de canaux, et elle est également présente dans les anesthésiques locaux. Une utilisation excessive ou imprudente de l’adrénaline augmente non seulement le risque de nécrose, mais aussi le taux de perte après la greffe. La méthode DHI (stylo injecteur) ne nécessitant pas d’adrénaline, le pourcentage de « shock loss » y est nettement inférieur. Pour minimiser cette perte, il est conseillé d’éviter les doses élevées d’anesthésie locale ; l’anesthésie tumescente, par exemple, a tendance à accentuer ce phénomène.
- Usage du Finastéride et du Minoxidil : Il a été démontré que l’utilisation du finastéride et du minoxidil, avant et après la greffe de cheveux, réduit significativement la perte de cheveux post-opératoire.
- Les Mégasessions : L’implantation d’un nombre extrêmement élevé de greffons en une seule séance augmente inévitablement la chute post-greffe. Une mégasession implique un traumatisme plus lourd pour les capillaires, une consommation accrue d’adrénaline et un temps d’attente prolongé des greffons hors du corps. L’idéal est de se limiter à environ 2000 greffons par séance. Si un nombre plus important est requis, il est préférable d’étaler l’opération sur plusieurs jours.
Vous trouverez ci-dessous l’évolution d’une greffe capillaire : les photos avant l’intervention, puis à 15 jours, 1 mois et 3 mois, illustrant notamment la phase de shock loss.

Foire aux questions (FAQ)
Est-ce que mes propres cheveux risquent de tomber après la greffe ?
Oui, c’est une possibilité. Les cheveux se trouvant en phase télogène ou catagène peuvent tomber suite à l’intervention. Il s’agit de cheveux qui approchaient de toute façon de leur cycle de chute naturelle. Par ailleurs, si les canaux sont ouverts avec des instruments trop larges, des cheveux sains et vigoureux peuvent également être traumatisés ve finir par tomber.
À partir de quel jour les cheveux greffés commencent-ils à tomber ?
Bien que cela varie d’une personne à l’autre, la chute commence généralement entre le 15e et le 25e jour. Plus rarement, elle peut débuter dès le 10e ou 12e jour.
Est-il possible de n’avoir aucune chute de cheveux après une greffe ?
C’est une éventualité. On constate que la perte de cheveux réactionnelle (choc post-opératoire) est moins fréquente chez les personnes plus âgées. Par ailleurs, il a été observé que les risques de chute diminuent avec la méthode DHI (stylo injecteur) ainsi qu’avec l’utilisation de finastéride.
Est-ce que les femmes perdent leurs cheveux après une greffe capillaire ?
La chute de cheveux post-opératoire (souvent appelée « shock loss ») est effectivement plus fréquente chez les femmes. Cela s’explique par le fait que, chez la femme, l’intervention consiste généralement en une procédure de densification. De plus, les cheveux féminins sont naturellement plus fins que ceux des hommes. Par conséquent, lors de l’implantation, le risque de traumatisme pour les cheveux existants est plus élevé chez les femmes.
À quoi ressemblent les cheveux qui tombent après une greffe capillaire ?
Lors de la phase de « choc post-opératoire » (shock loss), les cheveux qui tombent peuvent généralement présenter une forme en « L », en « J » ou une forme recourbée semblable à une crosse (canne).
J’ai également remarqué une chute de cheveux au niveau de la zone donneuse, quelle en est la cause ?
Malheureusement, cela est dû à une mauvaise planification du prélèvement des greffons. Si un nombre excessif de follicules a été extrait, les cheveux restants dans la zone donneuse peuvent également tomber. L’utilisation du Minoxidil peut aider à la repousse des cheveux dans cette zone. Toutefois, il arrive parfois que la perte de cheveux au niveau de la zone donneuse soit définitive.
Est-ce que tous les cheveux perdus repoussent ?
En résumé, la réponse est non. Parmi les cheveux prélevés, certains peuvent se trouver en phase télogène ou catagène, et il est possible que ces derniers ne repoussent pas.
Est-il normal de perdre ses cheveux après une greffe capillaire ?
Oui, c’est un phénomène tout à fait normal qui concerne la grande majorité des patients. Cela peut généralement durer entre 45 et 60 jours.